Extrait des archives · 8 mai 2025

Le jour de la grande panne, ici rien ne s'est éteint

28 avril 2025, 12 h 33 : panne totale dans la péninsule. Nos serveurs de Barcelone ne se sont pas éteints : onduleurs, générateurs et service continu.

Le 28 avril dernier, à 12 h 33, la péninsule Ibérique s’est retrouvée sans électricité. Ce n’était ni une coupure de quartier ni une avarie locale : les systèmes électriques de l’Espagne péninsulaire et du Portugal continental ont subi une panne totale, avec des perturbations ponctuelles dans le sud-ouest de la France. C’est ce que confirme ENTSO-E, l’association européenne des gestionnaires de réseaux électriques, qui a déjà lancé l’enquête technique ; les premières informations pointent vers une combinaison de facteurs : oscillations sur le réseau, problèmes de contrôle de tension et de puissance réactive, réductions rapides de production et déconnexions en cascade.

Ce lundi-là, des millions de personnes ont découvert combien de choses dépendent d’une prise de courant. Et des milliers d’entreprises se sont posé, sans plus pouvoir y échapper, une question jusque-là théorique : que deviennent mes systèmes quand l’électricité manque ?

Dans notre centre de données de Barcelone, la réponse s’est mesurée en millisecondes. À 12 h 33, à la perte de l’alimentation électrique, les onduleurs — les systèmes d’alimentation sans interruption : des batteries qui soutiennent la charge à l’instant même de la coupure, sans transition perceptible — ont assumé toute l’alimentation. Les serveurs n’ont rien remarqué : ni redémarrage, ni clignotement.

Ensuite, les groupes électrogènes diesel du centre de données ont démarré et pris le relais, pour préserver l’autonomie des batteries et soutenir l’alimentation aussi longtemps que durerait la coupure. Et ainsi, heure après heure, jusqu’au retour du réseau électrique et au basculement inverse, avec la même normalité. Nos serveurs ne se sont pas éteints et le service n’est pas tombé. Un test réel — ni un exercice programmé, ni un audit à date annoncée.

Ce n’était pas de la chance : c’était de l’architecture. Nous opérons dans un centre de données professionnel de Barcelone — celui d’Econocom Nexica — avec double ligne électrique, double système d’onduleurs et groupes électrogènes diesel, supervisé sur place 24 h/24, 7 j/7, 365 jours par an. Et sur cette base, chacun de nos serveurs dispose d’une double alimentation raccordée à deux branches électriques indépendantes — le schéma A/B : si une ligne, un tableau ou un onduleur tombe, l’autre branche continue d’alimenter la machine. Chaque maillon de cette chaîne existait bien avant le 28 avril ; ce jour-là, il a simplement fait son travail.

Tout aussi important : la connectivité extérieure n’a pas été perdue. Les services hébergés sur notre infrastructure sont restés accessibles depuis tous les réseaux encore alimentés — zones non touchées, autres pays. Ceux qui pouvaient se connecter ont continué à travailler.

Et voici la nuance honnête, parce que cette maison ne vend pas de contes : beaucoup d’utilisateurs en Espagne n’ont pas pu travailler ce jour-là. Non pas parce que les systèmes hébergés avaient failli, mais parce que les réseaux d’accès — la fibre du bureau, les antennes de téléphonie mobile — ont eux aussi besoin d’électricité, et beaucoup en ont été privés. Qui n’avait ni courant ni couverture ne pouvait atteindre aucun service, pas même les nôtres. La leçon est double : l’infrastructure a répondu, et la continuité d’une entreprise se pense de bout en bout, accès compris.

Qu’est-ce que tout cela signifie pour votre entreprise ? Que la continuité ne se décide pas le jour de la panne, mais bien avant : au moment de choisir où et comment vivent vos systèmes. C’est le critère selon lequel est construite notre infrastructure — alimentation redondante, réseau redondant, racks séparés — et la sécurité avec laquelle nous l’opérons. Et si votre entreprise garde des systèmes au bureau, un cloud hybride bien conçu sert exactement à cela : que le critique vive là où il y a des batteries et des groupes électrogènes, et que le bureau ne soit qu’un point d’accès parmi d’autres.

Le diagramme ci-dessous résume cette journée en deux lignes : celle du réseau électrique, qui se coupe à 12 h 33 — et la verte, celle du service, qui n’a pas bougé.

RÉSEAU ÉLECTRIQUE PÉNINSULAIRE 12 h 33 · PANNE LE RÉSEAU REVIENT NOTRE SERVICE · BARCELONE SANS COUPURE ONDULEURS · IMMÉDIAT GROUPES ÉLECTROGÈNES AUTONOMIE
28 avril 2025 : la ligne du haut — le réseau électrique — s'est coupée à 12 h 33 et a mis des heures à revenir. Celle du bas, celle de notre service, ne s'est pas interrompue : onduleurs à l'instant même, puis groupes électrogènes diesel.

La continuité ne s'improvise pas le jour de la panne ; elle se décide bien avant.

Aujourd'hui, en 2026

La panne est passée ; le critère demeure. L'architecture qui a répondu ce 28 avril — alimentation A/B, onduleurs, groupes électrogènes et un centre de données professionnel supervisé 24 h/24, 7 j/7 — est la même sur laquelle nous hébergeons aujourd'hui l'infrastructure de nos clients. La continuité ne se démontre pas dans un dossier : elle s'est démontrée un lundi à 12 h 33.

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